IDEC : Mieux comprendre le type de cétose pour agir en conséquence

Les organismes de Conseil Elevage de la FIDOCL sont actuellement (juin 2013) en train de débuter une expérimentation sur l'acétonémie des vaches laitières. Une des finalités sera de déterminé un Indice de Déficit Energétique Cétose (IDEC) et son utilisation en élevage, afin d'accompagner éleveurs et conseillers dans un meilleure maîtrise du début de lactation.

 

 

La cétose (ou acétonémie) est une maladie nutritionnelle, une réponse de l’organisme face à une carence des apports énergétiques par rapport aux besoins. L’intérêt de cette expérimentation est d’apréhender le type de cétose (I ou II) à l’aide d’observations animales simples (Notation Etat Corporel, Remplissage de Rumen, locomotion) croisées avec des paramètres laitiers (corps cétoniques, lactose, TB, TP, urée). Pour en savoir plus sur cette expériemntation, cliquez sur ce lien

Certains facteurs facilitent la survenue d’une cétose comme : des apports inférieurs aux besoins énergétiques en début de lactation, une insuffisance hépatique (parasitisme, intoxication aux excès d’azote alimentaire), un état d’embonpoint excessif au vêlage (NEC > 4), des déséquilibres alimentaires qui engendrent une mauvaise orientation des fermentations ruminales : changement brutal de régime alimentaire, absence ou excès de lest.

 

D’un point de vue nutritionnel, les points de départ de la cétose sont :

- un apport alimentaire globalement insuffisant (baisse du volume de la ration, manque d’appétit), qui entraîne un manque de substrats pour la néoglucogenèse ou de cofacteurs indispensables au métabolisme énergétique (cobalt, phosphore) ;

- un excès de glucides fermentescibles, qui augmente la production d’acide butyrique et contribue à diminuer le pH ruminal : l’acidose se complique alors de cétose ;

- un excès azoté, qui détourne les substrats énergétiques et réduit la néoglucogenèse hépatique au profit de l’uréogenèse.

 

 

 

 

Cétose « de type I ou de type II »

 

La cétose de « type I » est plus particulièrement associée au déficit énergétique de début de lactation : le pool d’énergie disponible dans l’alimentation pour la synthèse du glucose devient insuffisant par rapport à l’accroissement soudain des besoins. Cette configuration est souvent observable par des remplissages de rumen et des NEC faibles (<2). (cf photo1)

Le « type II » est une cétose combinée à la « maladie du foie gras » provenant d’un Etat Corporel important en fin de lactation et au tarissement. Cette combinaison est un facteur de risque majeur car il traduit une infiltration graisseuse hépatique importante (stéatose) et augmente le déficit énergétique en début de lactation. (cf photo 2)

 

Cétose et reproduction

Lors de cétoses sub-cliniques, la chute de la production lactée (-1 à –1.5 kg de lait/jour) et la détérioration des performances de reproduction sont des signes d’alerte.

Les vaches atteintes de cétose présentent un allongement des intervalles IV-IA1, IV-IAF, une augmentation du nombre d’inséminations par gestation et une chute du taux de réussite en IA1. L’élévation des concentrations en corps cétoniques, corrélée positivement aux précédents paramètres, est aussi associée à un retard de l’involution utérine et un redémarrage tardif de l’activité ovarienne. Plus l’augmentation de ces concentrations persiste, plus la fertilité diminue. Les concentrations élevées en BHB contribuent également à l’augmentation de rétentions placentaires.

 

Eric BERTRAND - FIDOCL Conseil Elevage

 

Pour en savoir plus, consultez notre article sur l'importance du tarissement des vaches dans la maîtrise des acétonémies

ou le révélateur d'acétonémie qu'est le TB du 1er controle suite au vêlage

 

Tags: