Boiteries, deuxième pathologie en élevage après les mammites

Réagissons ! Rencontrer des vaches fatiguées qui boitent est devenu monnaie courante. Le problème a trois entrées.

 

 

 

Alimentation, seulement un rôle amplificateur

La première cause citée est l’alimentation. Faire un lien direct acidose et boiterie est un raccourci trop simple car le rationnement ne représente que 20% de la problématique. En élevage, on rencontre plutôt une gestion aléatoire des excès d’énergie. Faire un tour d’élevage pour repérer et éviter les pratiques dérivantes sera indispensable. Une ration déséquilibrée conduit à diminuer l’immunité des animaux et c’est cette fragilité induite qui amplifie les boiteries. On peut citer quelques paramètres défavorables : des fourrages de mauvaise qualité, une distribution trop importante en un repas de concentrés, des cycles d’ingestion rapides et réduits, des transitions brutales…

 

Aire de vie, le facteur fondamental

L’élément déclencheur se trouve certainement dans l’aire de vie des animaux. Le mot confort  prend  toute sa dimension. Les facteurs d’inconforts sont nombreux : bâtiment surchargé, bâtiment humide et mal ventilé, sol glissant et humide, raclage insuffisant, cul de sac, logettes mal réglées, barre au garrot ou arrêtoir traumatisant, temps d’attente à la traite trop important, vaches bloquées au cornadis trop longtemps, chemin boueux et caillouteux…Observer le comportement des animaux est fondamental pour repérer les zones à risque et mettre en place les modifications nécessaires.

 

Le parage, un atout indéniable

L’anticipation de la qualité de la corne des animaux passe par le parage. En situation très défavorable, un parage fonctionnel sera effectué avec une fréquence rapprochée, tous les deux mois, voire tous les mois. Un relevé de lésion est un support indispensable pour identifier maladies et causes. En situation maitrisée, un parage préventif sera effectué deux fois par an. Le parage est un travail délicat qui  mérite d’être effectué par des personnes formées et compétentes. Soulever un pied pour soulager un animal ou réaliser un pédiluve devra être accompli si nécessaire. Le trio éleveur, pareur et conseiller d’élevage dans un service de suivi  des pieds sera gagnant.

Patrice Dubois, Rhône Conseil Elevage

 

« Julien DELABRE, spécialiste boiteries à Haute Loire Conseil Elevage

Combattons la maladie de Mortellaro

C’est un fléau. Son développement rapide en hiver est dû à des germes très contagieux et à un milieu humide favorisant sa multiplication.

 

Qu’est-ce que la maladie de Mortellaro ?

On l’appelle aussi dermatite digitée. Elle se caractérise par une lésion du derme ronde, entourée d’un liseré blanc de poils longs  relevés et par une odeur nauséabonde. Elle se niche souvent entre la corne et la peau ou entre les onglons. Elle provoque des boiteries franches et subites car les lésions sont très sensibles.

 

Comment la gérer ?

Le parage préventif permet de rétablir de bons aplombs et donc d’éloigner la peau du sol. La mise en œuvre d’un pédiluve avec un produit à base de cuivre est obligatoire. Des essais faits par l’UMT Santé des bovins montrent une bonne efficacité avec une répétition des passages tous les 15 jours sur 4 traites consécutives, avec des pieds rincés auparavant. Dès l’apparition des lésions il faut pulvériser un produit, par exemple une solution à base d’oxytétracycline.

 

Comment la prévenir ?

Une observation des pieds, état et propreté, permet d’identifier les pratiques et éléments du logement à corriger. L’hygiène du bâtiment doit être irréprochable avec un raclage régulier des aires d’exercice, deux fois par jour au minimum. Les zones humides doivent être éradiquées en supprimant les culs de sac et autres zones de concurrences qui favorisent la multiplication et la dispersion des germes. Le confort du couchage est aussi à voir car une vache qui ne se couche pas assez garde les pieds plus longtemps au contact du lisier. L’excès de temps passé debout, bloqué au cornadis, favorise le piétinement et donc le risque de contamination, il ne faut pas dépasser 30 minutes.  Des besoins couverts en magnésium et en calcium favorisent des aplombs toniques permettant  d’éloigner la peau du sol.

 

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