Pâturage d’été et d’automne : allez chercher la qualité

Si la production estivale d’herbe est aléatoire, l’herbe d’automne peut représenter jusqu’à 25 % de la production annuelle de la prairie. C’est un fourrage de bonne valeur nutritive qui permet une production laitière à moindre coût.

 


Un pâturage de qualité…

Si la gestion du pâturage a été maîtrisée au printemps, les repousses d’automne ont des valeurs nutritives élevées notamment en azote (jusqu’à 20 % de MAT), car la minéralisation de la matière organique est importante à cette période. Une économie substantielle de correcteur azoté est donc possible. Par contre l’énergie disponible diminue légèrement (0,90 UFL), pouvant provoquer un excès d’azote et une augmentation des teneurs en urée du lait. Il est alors recommandé d’utiliser un concentré énergétique type céréales, en quantité limitée afin de ne pas pénaliser l’ingestion d’herbe par effet de substitution.


… grâce à une bonne gestion

Au printemps, la maîtrise de la hauteur d’herbe en sortie de parcelle, le broyage des refus si nécessaire et la consommation de repousses suffisamment jeunes sont indispensables pour la qualité des repousses.
Des temps de repos suffisamment longs entre deux pâturages, 30 à 40 jours, permettent de maximiser la production de cette herbe de qualité. Un chargement d’au-moins 40 à 50 ares/VL en été et automne doit permettre d’atteindre cet objectif en ration à dominante pâturage. Les fourrages distribués à l’intérieur seront la variable d’ajustement du stock d’herbe disponible offert aux animaux.
En périodes très pluvieuses et pour éviter le matraquage des terrains, limiter le temps de présence au pâturage. Les animaux peuvent consommer jusqu’à 7 à 8 kg de MS d’herbe en 3 à 4 heures s’ils ont faim en quittant le bâtiment.


A l’automne, préparer le pâturage de printemps

Pour valoriser au maximum la ressource et retrouver des prairies de qualité au printemps suivant, la hauteur sortie de parcelle sera de 5 cm minimum car le surpâturage d’automne pénalise la pousse de printemps.
Si nécessaire, un broyage des refus peut compléter cette préparation.

Gérard Juillet et Jean-Christophe Michaud, Haute Savoie Conseil Elevage

 

 


« Centre d'élevage de Poisy, Poisy (74)

Une gestion rationnelle du pâturage, de la mise à l’herbe à l’hivernage


Situé en Haute-Savoie à 500 m d’altitude, le centre d’élevage recherche une valorisation maximale de l’herbe par ses 85 vaches de races Abondance, Montbéliarde et Prim’Holstein. Une gestion minutieuse de l’herbe du printemps à l’automne permet de produire un maximum de lait à l’herbe, tel est le slogan de Romaric Puthod, responsable du troupeau.


Maintenir une production d’herbe suffisante en été

Les deux tiers des prairies pâturées sont composées de mélanges ray-grass anglais et trèfle blanc permettant une bonne production d’herbe au printemps. L’eau n’est pas limitante en été, par contre la chaleur réduit fortement la pousse de ces mélanges. Pour y remédier, des mélanges multi-espèces, moins sensibles à la chaleur (dactyle et fétuque), sont offerts à la pâture après la première ou la deuxième coupe.
Parallèlement, des nouvelles prairies sont semées entre le 15 mars et le 15 avril afin d’obtenir un stock sur pied au moment du trou d’herbe. La première exploitation se faisant sur un sol portant, cela permet de ne pas abîmer la nouvelle prairie.


Un suivi régulier de la pousse pour adapter la conduite

Des mesures d’herbe sont effectuées chaque semaine afin d’éviter de surpâturer tout en fournissant une herbe de très haute qualité aux animaux. Les chargements évoluent de 45 ares/VL en été à 60 ares/VL à l’automne. Les temps de retours sont seulement d’une vingtaine de jours pour obtenir une herbe d’excellente qualité quitte à pénaliser un peu le rendement des prairies multi-espèces, mais la surface pâturable n’est pas limitante. Si la pousse n’est plus suffisante face à l’ingestion des animaux, de nouvelles parcelles sont alors offertes ou du foin est distribué au bâtiment.


La saison de pâturage suivante se prépare dès l’automne

Les vaches ne sortent plus dès que la portance devient limitante, en moyenne début novembre. Ce sont alors les génisses et vaches taries qui terminent les parcs. La hauteur minimale d’herbe après le dernier pâturage est de 6 à 8 cm. Laisser 12 cm d’herbe avant l’hiver est moins gênant qu’un dernier pâturage ras à 4 cm dont le contrecoup sera évident au printemps avec une repousse pénalisée.

Propos recueillis par Jean-Christophe Michaud, Haute Savoie Conseil Elevage
 

 

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