Ateliers Eleveurs Adice Earl les Sim

 

Vendredi 8 avril, Adice organisait son 3eme Atelier Eleveurs sur la hausse des intrants, au pied du massif de la Chartreuse, au programme : pâturage tournant dynamique,méteil grain, Fabrication d’Aliments à la Ferme (FAF) et paillage des génisses avec plaquettes forestières. Une vingtaine de personnes présentes pour matinée très riche en échanges sur la conduite du troupeau, le système fourrager mais aussi le temps de travail.

 

Maxence Meunier Carus a repris l’exploitation familiale depuis 3 ans. Il élève 45 vaches laitières de race Simmental sur 78ha de SAU à presque 700m d’altitude. Il produit 300 000l de lait /an vendu à Sodiaal en respectant le cahier des charges de l’agriculture biologique.

 

Pâturage tournant dynamique et topping:

Maxence a divisé son parcellaire en 21 parcelles de 40-45 ares avec une présence de 1j par paddock des VL. Afin de réussir sa saison de pâturage, notre éleveur insiste sur la nécessité de sortir tôt les vaches afin de « nettoyer » les parcelles et d’anticiper la transition alimentaire, le 25 février cette année dans son cas de figure. Il réalise un Topping fin printemps/début été. La technique est simple, elle consiste à faucher le paddock la vieille et à faire pâturer les andains aux vaches laitières. Dans notre cas, Maxence fauche 2 paddoks à la fois, il est très satisfait du résultat : « cela permet une meilleure valorisation de l’herbe, de relancer la pousse de l’herbe et faucher les refus en même temps ». La seule condition nécessaire est une fenêtre de beau temps. Guillaume Vessard, éleveur qui pratique régulièrement le topping, préconise un apport de 10-15m3/ha de lisier entre 2 pâtures et surtout après le topping. En termes d’aménagement spécifique, Maxence a réalisé un chemin d’accès sur 300m à petit prix : 2m de large décaissé, 1 bidim et 15 -20cm de tout venant compacté au cylindre.  « La surface perdue par l’emprise du chemin a largement été compensée par la meilleure valorisation des prairies par le pâturage tournant. » En effet, le temps de repousse plus long ainsi que le chargement instantané élevé permettent d’augmenter le rendement en herbe des parcelles.

Méteil grain en rotation

Maxence cultive 5ha de méteil triticale-pois fourrager pour une récolte en grain. La rotation des cultures sur les 30ha de terres arables est la suivante: 2 à 3 années de prairies temporaires puis maïs ensilage et enfin méteil grain. M. Bonnault fait des mélanges plus complexes en ajoutant de la vesce commune, de la féverole et un mélange de plusieurs céréales, cette année il a fait un essai orge pois protéagineux 50/50 à 200kg/ha. Quant à Maxence cette année il a essayé de faire un semi de RGH+TV sous couvert de son méteil, avec semoir sur herse étrille puis roulage.

 

FAF, DAC et libre service pour plus de simplicité

Maxence a aménagé un ancien bâtiment de la ferme pour accueillir sa fabrication d’aliments à la ferme. L’investissement était de 25 000€ subventionné à 50% dans le cadre d’un PCAE. Elle se compose de 2 cellules stockage avec cône et soufflerie, ainsi qu’un aplatisseur mélangeur avec peson de marque SKIOLD. Cet équipement lui permet de faire une VL maison (triticale pois tourteau de soja expeller) mais également d’incorporer son minéral. Une vis souple achemine ensuite directement l’aliment vers le DAC. Enfin les silos (herbe et maïs) sont en libre service. Un gain de temps appréciable été comme hiver ! et moins de consommation de carburant !

 

Utilisation de copeaux de bois pour litière des génisses :

En fin de visite d’atelier, Maxence nous a montré son bâtiment génisses et son paillage avec de la plaquette bois. Sur son exploitation lorsqu’il entretient des bords de parcelles, tout le bois, qui ne peut pas être valorisé en piquets de parc ou en bois de chauffage, est broyé pour faire de la plaquette. Elles sont ensuite utilisées en litière afin d’économiser de la paille. « C’est très confortable pour les animaux. Il ne faut pas se fier à la couleur de la litière qui brunit rapidement. Les animaux sont très propres, autant voire mieux que sur de la paille. » Attention il est conseillé de composter la litière plaquette et/ou de la laisser en tas assez longtemps (6 mois) avant épandage afin d’inhiber la présence de tanin dans le bois (variable selon les espèces) qui vont rendre difficile la dégradation de la matière par la vie du sol. Ce type d’effluent permet d’augmenter les taux de matière organique des sols de manière importante. De plus le mélange des déjections animales aux plaquettes de bois permet de ne pas créer de faim d’azote pour la culture, lors de la dégradation de ces dernières, ce qui n’est pas le cas lorsqu’on utilise du BRF pur (Bois Raméal Fragmenté = broyat de bois).

 

 


 

 

 

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